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Santé animale

Le dépistage des maladies héréditaires : pourquoi et comment agir ?

Le dépistage des maladies héréditaires : pourquoi et comment agir ?

Comprendre les maladies héréditaires chez l’animal

Dans notre vie quotidienne aux côtés de chiens, chats et nouveaux animaux de compagnie (NAC), la question des maladies héréditaires est souvent sous-estimée. Pourtant, ces affections d’origine génétique peuvent avoir un fort impact sur la qualité de vie de nos compagnons, parfois dès leur plus jeune âge. Certaines races sont davantage concernées et la multiplication des reproductions non contrôlées accentue leur apparition.
Face à ce constat, le dépistage précoce et la sensibilisation jouent un rôle central tant pour le bien-être animal que pour la responsabilité de chaque propriétaire.


Qu’est-ce qu’une maladie héréditaire ?

Une maladie héréditaire se transmet des parents à la descendance via le patrimoine génétique. Selon le gène concerné, l’anomalie peut générer une pathologie visible dès la naissance, à l’âge adulte, ou ne poser problème qu’occasionnellement. Les maladies héréditaires s’expriment souvent de manière variable ; les porteurs sains, eux, ne présentent pas de symptôme mais transmettent le problème à leur progéniture.

  • Exemples chez le chien : dysplasie de la hanche, atrophie progressive de la rétine, myélopathie dégénérative, maladies cardiaques ou respiratoires, épilepsie idiopathique.
  • Exemples chez le chat : polykystose rénale (notamment chez les Persans), myocardiopathie hypertrophique, atrophie rétinienne.
  • Chez les NAC : certains lapins présentent des malocclusions dentaires ou des troubles osseux d’origine génétique.

La liste évolue en fonction des avancées de la recherche vétérinaire.


Pourquoi le dépistage est-il essentiel ?

  • Pour protéger l’animal : Détecter précocement une affection permet d’optimiser les soins, de limiter les souffrances et de prendre de meilleures décisions quant à l’adoption, à la reproduction ou aux traitements spécifiques.
  • Pour freiner la propagation : L’identification des porteurs ou des sujets atteints permet aux éleveurs responsables d’écarter certains reproducteurs et d’améliorer la santé sur plusieurs générations.
  • Pour informer et rassurer les familles : Avant l’adoption, connaître le statut de santé génétique aide à anticiper les besoins médicaux, financiers et psychologiques que l’animal pourra avoir toute sa vie.


Quels animaux sont concernés par le dépistage ?

De nombreuses maladies héréditaires sont particulièrement fréquentes dans certaines races. Mais tout animal peut en théorie être porteur d’un gène défectueux, même s’il n’est pas de race.
Les chiens et chats issus de lignées connues, de parents ayant été testés ou porteurs d’antécédents familiaux, ainsi que les animaux provenant d’élevages reconnus, sont prioritaires pour le dépistage.
Chez le chien de race ou le chien croisé “type” (berger, retriever, molossoïde, etc.), comme chez le chat de race (Maine Coon, British Shorthair, Sphynx…), demander la traçabilité des parents est vivement conseillé lors de l’adoption.


Les tests disponibles : comment se déroule le dépistage ?

Analyse génétique

Les progrès récents en génétique permettent aujourd’hui de dépister de nombreuses anomalies à partir d’un simple prélèvement buccal (écouvillon) ou sanguin. Le test ADN identifie la présence de mutations responsables de pathologies ciblées.
Généralement, il s’agit :

  • D’un échantillon envoyé à un laboratoire spécialisé.
  • Un rapport de résultats remis au vétérinaire ou au propriétaire, précisant “porteur”, “atteint”, ou “sain”.

Examens cliniques et radiologiques

  • Pour les maladies orthopédiques (dysplasie, luxation), les vétérinaires recommandent des radiographies spécifiques, souvent sous anesthésie.
  • Pour les troubles oculaires, des examens chez un vétérinaire ophtalmologiste permettent de poser un diagnostic précoce (fond d’œil, électrorétinogramme).

Certains dépistages (souche ADN pour identification des porteurs pour certaines maladies, évaluation cardiaque ou rénale annuelle) sont obligatoires ou recommandés selon les clubs de race et les fédérations.


Quand réaliser le dépistage ?

Le moment idéal dépend de l’affection recherchée. Beaucoup de tests génétiques se font dès le plus jeune âge (en élevage, avant la première reproduction), tandis que les examens cliniques sont souvent réalisés à l’âge adulte, parfois plusieurs fois à intervalle régulier.
N'hésitez pas à consulter votre vétérinaire ou à demander à l’éleveur des attestations de santé ou de tests pour les parents et la portée.


Détecter, oui… mais que faire ensuite ?

Face à un test positif

  • Portage sain : L’animal n’est pas malade, mais peut transmettre la mutation. Il ne doit pas être accouplé (ou uniquement avec un partenaire sain, selon recommandations des clubs).
  • Animal atteint : Une surveillance adaptée, un ajustement de l’alimentation ou du mode de vie, des examens médicaux réguliers, voire des traitements existent pour préserver la qualité de vie.

Pour l’éleveur ou le particulier désirant faire reproduire son animal, la transparence est indispensable afin de ne pas diffuser la maladie au sein de la population.


Adopter en connaissance de cause

Avant toute adoption, posez-le plus de questions possible sur la santé des parents, le statut génétique de l’animal, les pathologies connues dans la race. Refusez l’achat si l’éleveur ne pratique aucun dépistage ou s’il refuse de communiquer ses résultats.
Prendre un animal non sélectionné ou de croisement incertain n’exclut pas le risque, mais doit s’accompagner d’une vigilance accrue et de contrôles vétérinaires préventifs.


Le rôle du vétérinaire dans le dépistage

La pharmacie et la clinique vétérinaire restent vos meilleurs alliés pour établir un plan de dépistage personnalisé. Seul un professionnel saura identifier les risques selon le profil de l’animal, recommander les protocoles adéquats et expliquer la signification des résultats.
Il assiste aussi les familles dans la prise en charge médicale, l’orientation vers des spécialistes (ophtalmologiste, orthopédiste), l’encadrement d’une éventuelle reproduction ou la prise de décision lors d’un diagnostic accablant.


FAQ – Ce que vous devez savoir sur le dépistage génétique

  • Le test ADN est-il fiable à 100 % ?
    Non, il existe toujours un risque minime d’erreur ou d’évolution des connaissances. Mais les tests certifiés et reconnus sont aujourd’hui très précis.
  • Puis-je dépister un animal adulte déjà adopté ?
    Oui, de nombreux tests sont réalisables à tout âge. Il n’est jamais trop tard pour adapter les soins.
  • Dois-je faire stériliser mon animal “porteur sain” ?
    C’est fortement recommandé pour éviter la transmission génétique.
  • Combien coûte le dépistage ?
    Selon le test génétique ou l’examen clinique, les tarifs varient largement (de 50 à plusieurs centaines d’euros). Consultez votre vétérinaire pour un devis personnalisé.

Résumé : agir, c’est protéger nos compagnons

  1. Informez-vous sur les maladies héréditaires et interrogez l’éleveur lors de l’adoption.
  2. Faites dépister votre animal si sa race ou son origine le justifie.
  3. Adoptez une gestion responsable de la reproduction.
  4. Entourez-vous de professionnels en cas de doute.
  5. Gardez à l’esprit : agir tôt augmente la durée et la qualité de vie de l’animal.

Le dépistage des maladies héréditaires est un geste responsable et une preuve d’engagement pour la santé animale. Prévenir vaut mieux que guérir : informez-vous, consultez, et donnez à votre compagnon toutes les chances de vivre heureux, en bonne santé, à vos côtés.

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