Les particularités de l’alimentation des degus : aliments à privilégier et à éviter
Comprendre les besoins alimentaires du dégû : un herbivore original
Petit rongeur originaire du Chili, le dégû (Octodon degus) séduit par sa sociabilité, son intelligence et sa curiosité. Mais sous ses airs de "petit rat domestique", il présente des besoins alimentaires bien spécifiques, très différents de ceux des hamsters ou gerbilles. Comprendre ce quétait son régime dans la nature est la clé pour lui assurer une longue vie en bonne santé et éviter bon nombre de problèmes fréquents chez cette espèce.
Le régime naturel du dégû : une base riche en fibres, pauvre en sucres
Dans la pampa chilienne, le dégû se nourrit principalement de plantes sèches, de feuillages, de racines, d'herbes dures et de quelques écorces. Contrairement à d'autres NAC comme les rats ou souris, il n'est ni granivore ni omnivore. Son appareil digestif, adapté à un régime très fibreux, ne sait pas bien gérer les sucres rapides ou les graisses en excès.
C'est ce qui explique sa sensibilité extrême au diabète et aux troubles digestifs.
- Le foin, la base incontournable : le foin de bonne qualité (timothy, prairie, luzerne pour les jeunes) doit être donné à volonté, représentant l'essentiel de la ration. Il fournit les fibres nécessaires au bon fonctionnement du transit et l'usure des dents, qui poussent toute la vie du dégû.
- Les feuilles sèches (pissenlit, ortie, plantain), branches de noisetier ou de pommier complètent la variété de la ration.
Quels aliments donner quotidiennement à son dégû ?
1. Foin : essentiel et à volonté
Le foin doit être frais, parfumé, sans poussières ni moisissures. Privilégiez le foin de crau, de prairie ou de montagne. Changez-le régulièrement pour qu’il garde son intérêt nutritionnel et sa qualité.
2. Végétaux frais : la juste dose
En petite quantité (environ 10% de la ration), on peut proposer chaque jour des légumes feuillus ou certains herbes aromatiques :
- Endive, batavia, laitue romaine, mache (jamais de laitue iceberg).
- Pissenlit, cresson, persil frais, coriandre, fanes de carotte ou de radis.
- Occasionnellement du concombre, courgette ou carotte (en très petites quantités, car plus riche en sucres).
Attention : introduire tout nouveau légume progressivement, car le transit du dégû est fragile et les excès peuvent générer diarrhées ou ballonnements.
3. Extrudés ou granulés
Les aliments commercialisés spécifiques pour dégû existent, sous forme d’extrudés riches en fibres, pauvres en sucres et en graisses. Attention à la composition : évitez les mélanges qui contiennent des fruits secs, des graines grasses (tournesol), du maïs ou des céréales soufflées. Privilégiez des granulés sans colorants ni sucres ajoutés. La quantité maximale conseillée est de 5 à 10 grammes par jour et par animal, le foin restant la base.
4. Branches et racines pour grignoter
Pour le bien-être dentaire mais aussi pour l’occupation, offrez régulièrement des branches de noisetier, de saule, de pommier non traités. Évitez le cerisier, le laurier et tout bois toxique pour les NAC.
Aliments dangereux ou fortement déconseillés
Tous les aliments sucrés : un vrai poison !
Le dégû est très sensible au diabète : son pancréas ne sait pas produire assez d’insuline pour gérer les aliments sucrés. Ainsi :
- Interdiction totale de fruits frais ou secs : pomme, banane, raisin, fraise, orange, figue, abricot, etc. (même les petits pois ou le maïs contiennent trop de sucres pour lui)
- Pas de friandises types biscuits, gâteaux pour humains, bonbons ou barrettes "colorées arbitrarily" du commerce.
- Pas de lait ni de produits laitiers, son organisme n’est pas adapté à ces sources animales.
Noix, graines grasses, mélanges commerciaux douteux
Si la tentation est grande devant certains mélanges de "graine pour rongeurs", dégû et gerbille ne partagent pas le même régime. Proscrire :
- Cacahuètes, graines de tournesol, de courge ou de lin (trop grasses, favorisent l’obésité et les troubles hépatiques).
- Mélanges contenant des flocons de céréales, du riz soufflé, du popcorn ou des sticks cohésifs au sucre ou au miel.
Enrichir le quotidien du dégû tout en respectant sa santé
Idées de friandises saines
Pour faire plaisir sans nuire, pensez :
- Racines sèches (pissenlit, chicorée) ou rondelles de topinambour séchées.
- Herbes aromatiques coupées fraìhes : thym, romarin, estragon (en petite quantité).
- Quelques brins de luzerne sèche pour les jeunes, à limiter chez l’adulte en raison de sa richesse en calcium.
Activité alimentaire et mastication
Le dégû aime "travailler" pour sa nourriture : proposez-lui des branchages, des cailloux minéraux, des distributeurs pour cacher de petites portions de granulés (ou de légumes sèches). La stimulation mentale par l’alimentation participe aussi à son bien-être et prévient l’ennui, première cause de troubles du comportement chez ce mammifère très social.
L’eau : élément vital pour l’équilibre du dégû
Même si son milieu d’origine est sec, le dégû doit avoir en permanence de l’eau fraîche et propre. Changez la bouteille ou la gamelle tous les jours, surtout en période chaude ou en présence de jeunes. L’eau permet aussi aux fibres du foin de gonfler et d’assurer une bonne digestion.
Le rôle crucial de l’alimentation dans la prévention des maladies du dégû
Une nourriture inadéquate est la première cause de consultations vétérinaires chez le dégû. Parmi les pathologies fréquentes :
- Diabète sucré (symptômes : amaigrissement, soif intense, cataracte précoce) très courant en cas d’apports sucrés réguliers, malheureusement souvent presence dès quelques années de vie.
- Malocclusion dentaire ou dents trop longues par manque de fibres et de mastication, entraînant douleurs, abcès, troubles digestifs.
- Diarrhée chronique suite à la distribution d’aliments trop riches, trop humides ou mal adaptés.
- Obésité et hépatite grasse létale chez certains sujets nourris avec trop de lipides ou de produits industriels gras.
FAQ : Vos questions sur l'alimentation du dégû
- Peut-on donner du pain, des biscottes ou des pâtes au dégû ?
Non, car ces aliments sont trop riches en glucides rapides. Proscrire tout produit à base de farine ou de sucre ajouté. - Faut-il donner des compléments vitaminiques ou minéraux ?
Chez un dégû sain, nourri avec du bon foin, des branchages et quelques extrudés, ce n’est pas nécessaire. Demandez conseil en cas de gestation ou de convalescence. - Mon dégû semble bouder son foin, que faire ?
Essayez des variétés différentes, enrichissez l’environnement (nouveaux branchages sains), réduisez les friandises. Une consultation s’impose si la perte d’appétit persiste. - Les friandises industrielles pour rongeurs sont-elles adaptées au dégû ?
En majorité, non. Beaucoup contiennent des mélanges de graines grasses, des sucres ou du miel. Mieux vaut se tourner vers des légumes sèches ou quelques racines sans risque.
À retenir pour un dégû en pleine forme
- Le foin doit composer la majeure partie de la ration.
- Seulement quelques légumes verts frais par jour, toujours bien lavés et variés avec prudence.
- Pas d’aliments sucrés, ni de fruits, ni de graines grasses !
- Contrôlez régulièrement l’usure des dents, le poids et la brillance du poil.
- L’eau fraîche doit être accessible 24h/24.
- Privilégiez l’enrichissement alimentaire (branches, racines) pour une vie active.
Prendre soin de l’alimentation de son dégû, c’est lui offrir le bien-être et le plaisir de vivre longtemps, en évitant la majorité des maladies courantes. Un dégû bien nourri, c’est un compagnon curieux, joueur et en excellente santé !